Des symptômes et des Dys, comment s’y retrouver ?

Vous connaissez un enfant qui rencontre des difficultés en classe ? Il confond des sons proches, a tendance à inverser/oublier des lettres ou encore a du mal à retenir ses tables de multiplication ? Vous vous demandez : à partir de quand s’inquiéter ? Est-ce le signe d’une dyslexie, d’une dysphasie, d’une dyscalculie… ou de tout cela à la fois ?

 

Troubles dys : qu’est-ce que c’est ?

Difficultés à respecter l’orthographe des mots, à maintenir son attention lors d’une tâche, à réaliser des calculs simples de mathématiques… et si l’enfant que vous accompagnez avait un trouble dys ?

Ces derniers se nomment ainsi parce qu’ils concernent des DYSfonctionnements de mécanismes cognitifs spécifiques. Ainsi, les troubles dys toucheraient à minima 5 à 7 % des enfants. Eh oui ! Ces troubles sont relativement fréquents et vous connaissez sûrement plusieurs élèves qui ont un diagnostic « dys quelque chose ».

Ces troubles neurodéveloppementaux, ou TND, sont donc spécifiques mais aussi durables, c’est-à-dire qu’ils sont présents depuis la naissance et pour toute la vie. Ainsi, il ne s’agit pas de maladies, mais bel et bien de fonctionnements cognitifs particuliers, qui entraînent des conséquences importantes sur la vie non seulement scolaire, mais aussi sociale et professionnelle.

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, aussi appelé DSM 5, il existe plusieurs types de troubles dys, et on peut retenir :

  • les troubles spécifiques des apprentissages, incluant les dyslexies, la dysorthographie et les dyscalculies ;

  • les troubles de la communication, ou dysphasies ;

  • les troubles du développement de la coordination, incluant les dyspraxies et la dysgraphie ;

  • le TDAH, ou trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

Notons qu’il y a 40 % de comorbidité, c’est-à-dire qu’un dys est presque une fois sur deux diagnostiqué avec un autre trouble dys. Par exemple, s’il existe des dysfonctionnements au niveau des aires cognitives relatives au langage, des praxies (aires motrices) ou encore des fonctions exécutives, il est fort probable que plusieurs troubles dys coexistent.

Il est alors nécessaire de faire le lien entre tous les symptômes observés pour pouvoir réaliser un diagnostic précis et surtout complet. En quoi est-ce important ? Pour pouvoir accompagner au mieux l’enfant dans sa scolarité et sa future vie professionnelle.

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Les troubles spécifiques des apprentissages : savoir identifier les signes d’alerte

Mais quels sont ces signes d’alerte ? Pour vous aider à y voir plus clair, nous vous donnons ici quelques exemples.

 

Quelques signes d’alerte des dyslexies

Les troubles du langage écrit, dont les dyslexies font partie, se manifestent de multiples manières.

Ainsi, l’enfant dyslexique peut rencontrer des difficultés variées :

  • des confusions auditives entre les sons proches, comme le ch et le j ;

  • des erreurs durables d’identification visuelle de certaines lettres, comme les b, p, d, q ;

  • des omissions, des inversions ou des ajouts de lettres ;

  • etc.

À noter qu’il existe différents types de dyslexies et que des signes « précoces » existent !

Quelques signes d’alerte des dyscalculies

L’enfant que vous accompagnez a des difficultés à donner la bonne quantité lorsque vous lui demandez combien il y a de pommes sur la table ? Les compétences fondamentales en mathématiques semblent fragiles ? Dans ce cas, cela pourrait être le signe d’une dyscalculie.

Là aussi, il existe différents types de dyscalculies : bien connaître leurs spécificités permet d’individualiser la prise en charge, pour un meilleur accompagnement de l’enfant.

 Les symptômes des troubles du développement de la coordination 

 

Quelques signes d’alerte des dyspraxies

Vous connaissez un ou plusieurs enfants qui rencontrent des difficultés motrices ? Ils sont très maladroits, n’arrivent pas à faire leurs lacets, n’aiment pas les jeux de ballon ? Cela pourrait être le signe d’une dyspraxie.

Le dysfonctionnement de nos aires cognitives du « geste » entraîne bien souvent des difficultés lors de la production graphique.

Là aussi, il existe différents types de dyspraxies.

Quelques signes d’alerte de la dysgraphie

L’enfant dysgraphique rencontre des difficultés dans l’automatisation, ou encore pour bien tracer ses lettres : son écriture est laborieuse et peu lisible, ou alors extrêmement lente.  L’enfant ressent rapidement une grande fatigue, parfois même des douleurs.

Ceci peut entraîner une grande démotivation, une faible estime de soi, des erreurs en orthographe ou en calcul, parfois même une impression de manque d’attention… L’énergie cognitive est totalement absorbée à la tâche graphomotrice !

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Quelques symptômes d’un TDAH

Les enfants qui ont un déficit de l’attention présentent des signes d’alerte divers, parmi lesquels :

  • une difficulté à fixer son attention et à se concentrer ;

  • une impulsivité verbale ou motrice ;

  • parfois une hyperactivité physique ou cérébrale

  • …etc

Ces élèves et leurs parents ont besoin de soutien, tout comme les professionnels qui les accompagnent ont besoin d’une formation solide.

 

Comment diagnostiquer un trouble dys ? 3 étapes

Certains des signes d’alerte cités ci-dessus vous parlent ? Vous connaissez des enfants qui présentent de tels symptômes ? Dans ce cas, il est recommandé d’entamer une procédure de diagnostic des troubles dys.

L’objectif ? Faire des liens entre tous les symptômes repérés et valider (ou invalider) l’hypothèse de troubles dys. En effet, les comorbidités dans ce type de troubles sont nombreuses, et il est possible qu’une dyslexie cache une dyspraxie ou un TDAH. Il s’agit alors de se tourner vers les bons spécialistes pour faire le diagnostic le plus précis possible.

 

Première étape : l’anamnèse et l’examen clinique

Avant tout, tournez-vous vers le médecin de l’enfant afin de réaliser une anamnèse, c’est-à-dire un retour sur l’ensemble de son vécu. Ce travail, réalisé en concertation avec les parents, a pour objectif de rassembler un certain nombre d’informations concernant :

  • les antécédents familiaux ;

  • le développement médical, cognitif, psychologique et comportemental de l’enfant, depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui ;

  • son parcours scolaire ;

Ceci permettra au médecin d’identifier les examens spécifiques à réaliser, en fonction des troubles suspectés, comme une vérification de l’audition ou de la vue par exemple.

Deuxième étape : le dépistage du trouble

Une fois l’anamnèse et l’examen clinique réalisés, reste encore à confirmer l’existence d’un trouble dys ! Pour ce faire, il existe différents outils de dépistage étalonnés, que plusieurs professionnels sont en mesure d’utiliser, chacun dans leur spécialité :

  • des orthophonistes ;

  • des ergothérapeutes ;

  • des psychomotriciens ;

  • des neuropsychologues ;

  • des neuropédiatres ;

  • des orthoptistes ;

  • des orthopédagogues

  • …etc

Cette équipe pluridisciplinaire est nécessaire pour poser un diagnostic : elle permet d’évaluer différents aspects du fonctionnement de l’enfant et d’établir des liens entre les différents symptômes observés.

C’est pourquoi faire appel à des professionnels formés aux outils de dépistage est important : du fait des spécificités de chaque dys, de leur imbrication possible, il ne faut pas passer à côté d’un signe qui serait révélateur.

 

Troisième étape : un bilan neuropsychologique complet

Plus communément appelé test psychométrique, ce bilan (souvent la WISC V) peut être aussi réalisé en 2ème étape, avant les bilans spécifiques.

Plusieurs capacités cognitives sont alors évaluées :

  • la compréhension verbale, le vocabulaire ;

  • le repérage visuospatial, la manipulation mentale spatiale ;

  • le raisonnement ;

  • la mémoire de travail ;

  • la vitesse de traitement.

Cette évaluation est très régulièrement complétée avec d’autres batteries qui permettent de cibler des fonctions cognitives particulières plus en profondeur.

Alors, comment diagnostiquer un trouble dys ? Vous l’aurez compris : lorsque des signes ou symptômes spécifiques sont observés, de nombreux autres paramètres sont à prendre en compte, et c’est une enquête approfondie clinique et collaborative qui permettra de valider ou non le ou les diagnostics.

Vous êtes un professionnel de santé, du médical ou du paramédical, de l’enseignement ou de l’éducation et vous aimeriez mieux accompagner les enfants ayant des troubles dys ? Découvrez tous les signes d’alerte de chaque TSLA, ou troubles spécifiques du langage et des apprentissages, et apprenez à mettre en place des solutions adaptées et individualisées !

sous la direction de Virginie Klamm ©

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