Troubles des fonctions exécutives : quels signes d’alerte chez les enfants ou adolescents ? ©

Le saviez-vous ? Notre système dit « exécutif », siégeant dans le lobe frontal de notre cerveau, évolue sans cesse depuis notre naissance jusqu’à l’âge adulte. La maturité de la plupart de ces aires cognitives spécifiques n’est atteinte que vers l’âge de 25 ans. Appelées aussi fonctions de « haut niveau », elles sont le point de départ de processus qui nous permettent par exemple d’anticiper, de planifier, de maîtriser nos réactions et d’adapter nos réponses comportementales au contexte, en se basant sur des répertoires connus… Néanmoins, chez certaines personnes, on peut observer puis diagnostiquer un dysfonctionnement exécutif, appelé aussi syndrome dysexécutif. Qui est-il ? Quels sont les signes d’un trouble des fonctions exécutives chez les enfants ? Passons en revue quelques points importants.

 

 

Fonctions exécutives : qu’est-ce que c’est ?

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Définition

Parler, manger, s’habiller… Tout cela paraît si normal et si naturel au quotidien ! Et pourtant, dès que l’on sort de ces situations routinières, une adaptation immédiate est nécessaire : nos capacités d’anticipation, de planification et d’organisation… Tout ceci est géré par ce que l’on appelle les « fonctions exécutives ».

Mais, concrètement, de quoi s’agit-il ? Actives dès les premières années de la vie, elles sont en lien avec de nombreux processus cognitifs, tels que la concentration et les mécanismes sensoriels… et vont peu à peu se spécifier.

Il peut s’agir :

  • de l’élaboration de nouvelles stratégies (pour réaliser une tâche) ;

  • de l’adaptation aux imprévus ;

  • de la planification et de l’anticipation des tâches ;

  • etc.

Toutefois, dans certains cas, nous pouvons observer un dysfonctionnement des fonctions exécutives. On parle alors d’un syndrome dysexécutif. Le diagnostic d’un tel syndrome ne peut être posé par le médecin que sur la base de caractéristiques cliniques spécifiques et toujours assorties de batteries d’évaluations complètes et précises.

 

Quel lien avec le TDAH ?

Si le  TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité) peut s’exprimer de manière isolée, il est souvent associé au syndrome dysexécutif.

Quelques exemples de troubles dans les fonctions exécutives

 

L’activation

L’enfant que vous accompagnez a du mal à poursuivre sa tâche jusqu’à la fin (que ce soit pour lire une page, s’habiller ou faire un calcul mathématique) ?

Il ne se met pas au travail, ou difficilement ? Vous cherchez sans cesse le bouton « ON » ?

Dans ce cas, il pourrait présenter un trouble d’activation. Cette fonction exécutive est pourtant essentielle pour :

  • se mettre en route et délivrer une énergie cognitive suffisante pour discriminer les informations importantes ou non ;

  • activer les fonctions cognitives de manière optimale en fonction de la tâche à exécuter ;

  • maintenir l’activité cérébrale nécessaire jusqu’à la fin de la tâche.

 

L’inhibition de l’impulsivité

Votre parole est coupée plusieurs fois par un enfant en quelques minutes ? Alors que son âge devrait lui permettre de savoir attendre son tour ?

Il est difficile pour lui d’adapter son comportement au lieu, aux personnes et au contexte, et d’inhiber ses actions ?

L’enfant impulsif a du mal à se maîtriser. Il peut vouloir terminer ce qu’il est en train de faire très vite, trop vite… Il peut également rencontrer des difficultés importantes dans ses interactions sociales et dans les apprentissages académiques. La cour de récréation est pour lui le lieu quotidien des disputes.

La planification et l’organisation

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Connaissez-vous un enfant qui n’anticipe visiblement pas les différentes tâches qu’il a à accomplir pour atteindre son but ?

Par exemple, il pourrait prendre un cahier, puis chercher des ciseaux alors qu’il a besoin d’un crayon. Commencer un exercice, mais le finir bien au-delà du délai imparti.

Au quotidien, c’est votre ado qui souhaite mettre la table, mais commence par poser les couverts avant d’avoir mis la nappe.

Il rencontre des difficultés à :

  • catégoriser ;

  • classifier ;

  • faire des liens entre les situations ;

  • s’organiser dans le temps et respecter les délais.

 

La régulation des émotions

 

L’émotion exprimée paraît disproportionnée par rapport à la situation ?

L’enfant pourrait par exemple avoir des accès de colère destructeurs.

Dérégulation émotionnelle, labilité émotionnelle… de nombreux termes permettent de décrire ce trouble. Il atteint l’autorégulation émotionnelle, soit la capacité à mettre en œuvre des stratégies cognitives pour réguler et adapter les réponses émotionnelles à un stimulus. Mais, pas de panique ! Il existe des stratégies pour aider l’enfant à gérer ses émotions : les parents, en particulier, ont un rôle essentiel dans cet apprentissage.

Et bien d’autres encore

Il existe encore de très nombreuses fonctions exécutives et il faut bien comprendre que si nous les présentons ici « en tiroir », c’est par souci de clarté. Bien entendu que notre machine cérébrale est bien plus complexe et que les signes d’alerte peuvent se mêler. Nous pourrions aussi parler de la flexibilité cognitive, de la mémoire de travail… et bien d’autres encore !

 

 

Que faire en cas de suspicion ?

 

Quoi qu’il arrive, en cas de suspicion d’un trouble des fonctions exécutives, il est important de procéder à un bilan spécifique qui sera mené par un spécialiste.

Les batteries d’évaluation sont nombreuses et varient en fonction de l’âge de l’enfant et de son profil.

Un regard pluridisciplinaire sera tout à fait bénéfique et d’ailleurs, les parents et les enseignants sont toujours mis à contribution dans ces évaluations à travers des questionnaires ciblés.

En conclusion, les troubles exécutifs de l’enfant et de l’adolescent incluent un certain nombre de caractéristiques, telles que le manque d’initiative, un défaut d’inhibition, des problèmes de stratégies ou encore de planification, etc.. Ces symptômes n’impactent pas les capacités intellectuelles, mais peuvent avoir des conséquences plus ou moins sévères dans la vie quotidienne et scolaire ; résultats qui ne sont pas à la hauteur des compétences et du travail fourni, perte de confiance en soi, isolement, une grande fatigabilité voire une angoisse importante. Aussi, poser le bon diagnostic est important, notamment afin de mettre en place les accompagnements et la rééducation adaptée.

sous la direction de Virginie Klamm ©

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